Un certain nombre d’entreprises font appel à des sociétés de relocation qui apportent une aide efficace et souvent déterminante à l’expatrié et à son conjoint dans la phase d’installation dans le pays d’accueil : accueil sur place, recherche de logement, information sur le pays, accompagnement dans les démarches administratives, inscriptions des enfants à l’école,…

Dans certains cas, les services de relocation sont complétés par des formations linguistiques, par des séminaires de sensibilisation à la culture du pays d’accueil, voire par des solutions d’accompagnement de type outplacement qui faciliteront l’intégration du conjoint à son nouvel environnement et permettront, dans la mesure du possible, qu’il retrouve un emploi localement.

Certaines entreprises vont même jusqu’à embaucher les conjoints lorsqu’elles en ont l’opportunité. D’autres se sont réunies au sein d’associations (partnerjob) pour mutualiser leurs offres d’emplois, sur une base internationale, et les proposer aux conjoints de leurs salariés expatriés. D’autres enfin ont créé de véritables services internes d’accompagnement des conjoints ( Shell, Schlumberger, OCDE,..).

Les contextes d’expatriation sont extrêmement variables et les besoins des conjoints expatriés très différents selon les dispositions, les attentes et la situation de chacun. Par conséquent il est difficile d’imaginer un mode d’accompagnement qui serait adapté à tous les cas . Je me contenterai d’esquisser deux pistes de réflexion :

1/ accompagner le conjoint dans son expérience de l’expatriation, c'est-à-dire l’aider à donner du sens à son expérience ; faire le deuil de son statut et de son environnement précédent ; comprendre ce qui se joue dans ses rapports avec le pays d’accueil, ses habitants, ses voisins, sa famille ; lever les obstacles ; retrouver des envies et de l’énergie pour aller de l’avant.

2/ accompagner le conjoint dans ses projets et la gestion de sa carrière professionnelle : faire le point sur sa carrière, sur ses projets de carrière au-delà de la période d’expatriation; inventorier les champs d’investissement possibles (emploi local, bénévolat, formation, création d’entreprise, projet spécifique,…) ; clarifier son projet et le mettre en œuvre.

Par ailleurs, la réussite d’une expatriation se déterminant aussi au moment du retour, il peut être judicieux de prévoir un accompagnement spécifique au moment du retour de l’expatrié et de sa famille dans le pays d’origine. Le retour est régulièrement décrit par les intéressés comme une nouvelle expatriation à rebours, avec toutes les étapes du « choc culturel » qu’ils avaient vécu au moment de leur départ à l’étranger : un déphasage certain, la perte d’un statut relativement privilégié,… Quand c’est à l’étranger que l’expatrié a rencontré son conjoint, il s’agira de l’accompagner, au moment du retour, dans son adaptation à ce qui est pour lui un contexte étranger. La plupart du temps l’enjeu sera de réduire la période initiale de déphasage, d’aider à valoriser les bénéfices de l’expérience vécue hors frontières, clarifier et mettre en œuvre un nouveau projet professionnel.