Le langage courant est plein de chausses trappes et l’on s’aperçoit parfois que des termes qu’on croit familiers cachent une grande confusion lorsqu’on les confronte à la réalité concrète. Le statut « indépendant » ou « libéral » ne manque pas à la règle et les candidats au travail en solo sont nombreux, au moment du grand saut, à se demander de quoi il s’agit.

La réalité est que le travail indépendant ne constitue pas un statut mais une manière de travailler : être son propre patron, n’avoir de compte à rendre … qu’à ses clients, parfois à son banquier. Le terme d’indépendant est interchangeable avec celui de « profession libérale », à ce détail près que certaines professions libérales sont règlementées ( Architectes, Avocats, Notaires, Médecins,…) et imposent des statuts juridiques particuliers.

Pour les autres professions, le statut juridique associé au travail indépendant renvoit généralement à l’un des trois dispositifs suivants: le portage salarial, l’entreprise individuelle, avec en particulier le régime de la micro-entreprise, et la création d’entreprise (EURL-SARL,…). Chacun de ces statuts présente évidemment des avantages et des inconvénients et l’on privilégiera l’un plutôt que l’autre en fonction de son projet, de ses priorités et de ses préoccupations dominantes.

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Le portage salarial est probablement le système le plus simple et le plus sécurisant pour ceux qui, pas encore sûrs de leur projet ou soucieux de concentrer leurs efforts sur leur activité, restent attachés à un statut de salarié qui les rassure parce qu’il leur est familier. En pratique le portage salarial permet à un consultant qui n’a pas créé sa propre structure juridique de réaliser pour son client la mission qu’il lui a vendu et d’en obtenir une rétribution sous forme de salaire. L’inconvénient de la formule, c’est son coût puisque le consultant, en contrepartie de son hébergement, verse à la société de portage une commission calculée en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé.

La formule de la micro-entreprise est aussi très simple et est particulièrement adaptée à ceux désirant développer une activité indépendante, en complément de leur activité principale. La micro-entreprise est un régime fiscal qui s’applique aux personnes réalisant, comme indépendant, un chiffre d’affaires annuel inférieur (pour les services) à 27000€. L’avantage de la formule tient à sa légèreté : pas de comptabilité à tenir mais simple enregistrement des dépenses et recettes de l’activité ; résultat fiscal calculé forfaitairement après un abattement de 50% des recettes (services) ; pas de facturation de TVA ; charges sociales prédéterminées sur une base forfaitaire. Sa limite par contre tient au plafond des recettes à 27000€.

Enfin il est possible de créer une entreprise EURL ou SARL. Attention dans ce cas au statut du créateur. Si le créateur, gérant de sa société, détient la majorité des parts du capital, il ne pourra prétendre au statut de salarié. S’il est minoritaire il pourra prétendre au statut de salarié en qualité de gérant minoritaire mais, même dans ce cas, il bénéficiera rarement d’une couverture Assedic contre le risque de perte d’emploi et devra contracter une assurance s’il veut se créer des garanties.
Sur le site de l'APCE des informations sur le statut social du dirigeant,, l'entreprise individuelle et les différentes formes de société.